Notre archevêque a convoqué en décembre 2016 un synode diocésain qui débutera le 10 décembre 2017. Le secrétariat général (Michèle, Sébastien et moi-même) est au travail depuis janvier pour préparer le règlement, le thème, le site internet, les documents de travail, … Et un Conseil synodal d’environ 25 personnes a été appelé par l’évêque pour construire avec nous les différentes étapes du synode et les outils nécessaires. Mais si le travail d’organisation fait appel à notre créativité, il ne s’agit pas de tout inventer ! D’autres synodes se vivent aujourd’hui en France, il est donc évident que nous devons profiter autant que possible de leur expérience.

C’est ainsi par exemple qu’un contact avec le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier a été pris. Là-bas, 550000 habitants (soit légèrement moins que chez nous) vivent dans 53 paroisses réparties en 7 zones. Un certain vieillissement est comme partout observé dans les assemblées dominicales ou dans la courbe d’âge des prêtres, mais l’ancrage religieux y reste assez fort, comme l’atteste la ferveur populaire pour les ‘pardons’ (des processions festives dans des lieux consacrés) qui rassemblent toujours beaucoup de monde. Le synode débuté là-bas en 2015 arrivera à son terme en juin cette année.

 Invité par l’évêque Mgr Denis Moutel et par la secrétaire générale du synode Régine Chardonnet, j’ai fait le voyage en Côtes-d’Armor les 1er et 2 avril pour ce que l’on pourrait appeler « de l’espionnage fraternel ». Laissez-moi vous raconter quelques moments vécus là-bas…

J’arrive en Bretagne dans un contexte particulier : les équipes synodales ont travaillé à quelques reprises pendant plusieurs mois en 2016 puis début 2017, et l’assemblée des délégués synodaux s’est déjà réunie deux fois pour un travail intense. Ce week-end c’est la dernière assemblée synodale pendant laquelle les 320 délégués vont voter les résolutions finales : Un enjeu de taille !

Le lycée agricole de Pommerit, proche de Tréguier, met à disposition du synode ses locaux : un grand amphithéâtre, la cantine scolaire, les chambres de l’internat, et un cadre propice au travail : calme et verdure. Avant le repas du soir, le directeur passionné en profitera pour faire la promotion d’une section du lycée et de son projet de création d’une bière 100% bio et locale. Il faut admettre que les bretons savent recevoir!

 

 

Même si je m’y attendais, je découvre à quel point une assemblée synodale est studieuse. Le samedi matin et en début d’après-midi, les délégués se répartissent dans une vingtaine de commissions pour discuter 2 ou 3 sujets de leur choix parmi une liste élaborée lors de la deuxième assemblée; il s’agit déjà d’imaginer des pistes de travail pour la suite du synode. Mais le ‘plat de résistance’ se déroule dans l’amphithéâtre, en 5 heures réparties du samedi 17h au dimanche 15h : le vote formel des actions concrètes qui seront retenues comme résultat des 2 ans de synode. Rassemblées dans un cahier synodal, ce sont 100 propositions classées en 12 thèmes qui sont relues, clarifiées quand c’est nécessaire par un débat de quelques minutes, puis soumises au vote des délégués via une petite télécommande fournie à chacun. 66 propositions sont finalement retenues, et plusieurs tours de vote supplémentaires permettent d’en identifier 36 comme prioritaires. Le dimanche après-midi, ce sont les intentions émises par les commissions de la veille qui sont soumises à un vote d’adhésion plus informel : de très favorable à défavorable.

Clairement, j’observe une assemblée engagée dans un travail soutenu, mais avec une motivation sincère et joyeuse ! Plusieurs me l’expliquent ainsi : « c’est un vrai investissement d’être délégué, mais c’est aussi tellement unique de vivre un pareil moment dans notre Eglise ! Nous avons plaisir à nous remettre au travail pour cette 3ème session ». Le déroulement de l’assemblée défini à Saint Brieuc n’est pas forcément celui que nous utiliserons à Besançon, mais c’est très enrichissant de pouvoir l’observer pour comprendre sa mécanique, repérer l’équilibre nécessaire entre les votes, les travaux, les débats, et identifier les petits couacs que nous essaierons d’éviter (pour probablement mieux tomber sur d’autres difficultés que nous devrons résoudre à notre tour !).

 

Le dimanche matin, une célébration rassemble les délégués et les paroissiens dans la petite église de Pommerit (qui n’a peut-être jamais vu autant de prêtres et de personnes venues de tout le diocèse). Plusieurs temps de prière en assemblée en début et fin de journée sont également vécus. Ces temps permettent de se rappeler que, à travers les délégués synodaux, c’est l’Esprit Saint qui est au travail pour faire grandir l’Eglise diocésaine.

Une petite équipe assure de son côté les intermèdes musicaux nécessaires pour recharger les batteries quand les débats deviennent un peu plus intenses. Et je n’oublie pas les autres pauses notables : le goûter et son far breton quasiment à volonté, ainsi qu’une pièce de théâtre jouée le samedi soir pour une bonne partie des délégués qui dorment sur place. Avec les repas, ces moments sont de riches occasions pour moi de rencontrer de nombreux délégués, et entendre leur joie d’être là et leurs conseils pour vivre au mieux le synode dans notre propre diocèse. Ils me partagent la richesse d’avoir cheminé ensemble, et la conviction que la dynamique apportée à leur diocèse est une force nouvelle : près de 1000 équipes synodales ont été créées, et une partie a déjà émis le souhait de pouvoir continuer leurs rencontres après le synode. Ces équipes sont parfois nées de façon assez improbable, comme cette dame qui a lancé une équipe avec une partie de ses collègues du club de natation : des personnes pourtant peu concernées par l’Eglise, mais emballées par le thème « choisir l’espérance » ! L’espérance, c’est le thème choisi là-bas pour le synode, et c’est aussi le sentiment avec lequel je reprends le train ce dimanche soir pour Besançon, où la même aventure nous attend : vivre ensemble un dialogue construit, pour décider sur quel chemin nous voulons engager notre Eglise !

 

Aux amis bretons qui lirez cet article, je vous remercie encore pour votre accueil et vos partages. A toute l’Eglise du diocèse de Besançon, et plus largement à tous ses habitants, je vous donne rendez-vous à l’automne où nous présenterons le déroulement du synode de notre diocèse et la façon d’y participer. Dès maintenant, le site internet dédié au synode sera mis en ligne pour nous accompagner tous sur ce chemin à prendre ensemble.